Vivre en cage

J’habite une cage sans barreau

Au troisième étage

Au milieu des autres cages

Qui m’entourent tel un îlot

C’est une prison sans clôture

Où je tourne en rond

Cherchant dans le futur

Ce qu’il me reste de bon

Liberté condamnée

À ne jamais revenir

J’aurais espéré

Me souvenir

Au moins d’avoir la paix

De sentir à nouveau l’espoir

Et pouvoir dire « mais!»

Si j’avais pu savoir!

J’habite une cage

Au milieu d’un amas de cages

Où niche une multitude de gens

Qui me sont tous indifférents

Tribu disparate dans le désert

Dépouillée de ses attributs solidaires

Ils vivent la normalité

De ce qui devait leurs arriver

De solitude en solitude

Savent-ils au moins que nous formons

Un troupeau lugubre

Broutant dans sa propre tanière sans raison

Aurions-nous perdu le sens de la peuplade

De la meute, de la phratrie!

Au point de ne plus se souvenir de cette vie

Se limitant à nos palissades

De ma cage aux barreaux invisibles

Une nostalgie émerge soudainement

Envers ce clan qui me manque manifestement

Ressentant encore plus ce que veut dire : être libre!


Mando
2022

Vous ne pouvez pas copier le contenu de cette page

Retour en haut